Rachmaninov.fr

Horizon russe

Menu

Biographie
Biographie
et documents

 

Chronologie
Chronologie

 

L'univers de Rachmaninov
L'univers de Rachmaninov : Introductions à sa musique

 

Oeuvres
Présentations
des oeuvres

 

Vos expériences de sa musique
Vos expériences
de sa musique

 

Liste complète des oeuvres
Liste complète
des oeuvres

 

Bibliographie, discographie et liens internet
Bibliographie,
Discographie,
Liens internet

 

Livre d'or
Livre d'or

 

Plan du site
Plan du site

 

Contact
Contact

 

Bibliographie

 

Bibliographie
Bibliographie

 

Puce Livres et études sur Rachmaninov

Les ouvrages d'histoire de la musique classique (s'en tenant généralement à l'évolution formelle et technique de la musique) accordent très peu de place à Rachmaninov (lorsqu'ils ne le rejettent pas carrément). Jim Svejda résume ainsi le principal grief fait au compositeur :

La plupart des compositions d'une certaine envergue de Rachmaninov peuvent souvent sembler pareilles à de longues et importantes lettres admirablement conçues qui, une fois écrites et dûment mises à la poste, ne furent distribuées que cinquante ans plus tard.

Puce -- Pour remédier à cette absence d'information, on pourra consulter en guise d’introduction l’excellent article d’André Lischke sur Rachmaninov dans son Histoire de la musique russe. Des origines à la Révolution (Fayard, 2006). L’auteur, ni complaisant ni allergique, esquisse le portrait d’un Rachmaninov complexe à partir de sa vie et de son œuvre.

Histoire de la musique russe

De même, on pourra se référer à l’excellent article de Vladimir Jankélévitch, souvent cité dans ce site, qui représente sans doute le meilleur plaidoyer - érudit et juste, critique et littéraire - en faveur du compositeur russe (« Rakhmaninov, le dernier des poètes inspirés », dans Sources, Editions du Seuil, 1984, page 32 à 35).

Puce -- Au contraire, on évitera Un siècle de musique russe (1830-1930) (Actes sud/Babel, 2004) d’un Pierre Souvtchinsky allergique s‘il en est ! Il y est deux fois référence à Rachmaninov, dont cette occurrence, page 194 :

Rachmaninov dont le diatonisme mélodique n’était pas sans valeur, mais dont le lyrisme facile cherchait en vain à succéder au grand lyrisme de Tchaïkovsky.

Néanmoins, on trouvera en général dans l'oeuvre de Theodor W. Adorno (et plus particulièrement, au sujet du Prélude en do dièse mineur, dans Quasi une fantasia, Editions Gallimard, Paris, 1982, page 44) une critique pertinente de la musique postromantique ("camelote esthétique") que représente parfaitement, à ses yeux, avec ses mélodies faciles, Rachmaninov.

Puce -- Pour l'ambiance, ce que signifie, en Russie, composer et aimer la musique, pour comprendre le goût musical russe, les dimensions, particulières, de cette musique, lire l'excellent article de Dominique Fernandez, La musique comme on respire, dans le magazine Classica, n°101, page 40.

Puce -- Les livres français sur Rachmaninov sont peu nombreux mais très instructifs. Celui de Victor Séroff, qui avait non seulement le mérite d'insister sur les "dissensions" dans le milieu musical russe de l'époque, mais de brosser le portrait d'un Rachmaninov plus fragile et plus humain que ne le fera la légende, est épuisé. Reste celui de Catherine Poivre d'Arvor (Editions du Rocher, 1986), Rachmaninov ou La passion au bout des doigts, intéressante biographie, notamment pour ses larges extraits de correspondance, d’interviews et de critiques musicales. Au coté de celui-ci, le Rachmaninov de Jacques-Emmanuel Fousnaquer (Seuil, 1994), ouvrage érudit et fort bien écrit, propose, en plus d’une biographie et d’une étude de l’œuvre excellentes, une analyse intéressante de la personnalité du compositeur (avec en prime la liste exhaustive des concerts de Rachmaninov aux Etats-Unis).

Rachmaninov de Jacques-Emmanuel Fousnaquer


On pourra lire également le dossier spécial consacré au compositeur dans le numéro de février 2007 de Classica, qui revient notamment sur la « saga Rachmaninov » et sa famille (avec, en sus, une écoute comparée du
Premier Concerto pour piano)

Puce
-- Si l'anglais ne vous rebute pas, vous pourrez lire Sergei Rachmaninoff, A Lifetime in Music par Sergei Bertensson et Jay Leyda (Londres, Allen & Unwin Ltd, 1965), ouvrage de référence sur le compositeur.

Puce
-- Enfin, on gagnera à utiliser la magnifique et accessible somme de Guy Sacre, La musique de piano (Robert Laffont, 1999) en deux tomes, où l’auteur, souvent très juste, analyse la quasi-totalité de l’œuvre pour piano de Rachmaninov.

Pourquoi s’embarrasser de nouveaux moyens, quand on a hérité un merveilleux outillage de signes, adapté à quelque sentiments simples et éternels ? […] à qui veut suggérer l’attente, le chagrin, le désir, la détresse et même le printemps recommencé, le bagage de Chopin et de Liszt peuvent sans doute suffire.

Son style, savant mais personnel (il n'hésite pas à qualifier le 5eme prélude Op. 23 de « marche de pacotille à l'espagnolade » !) est idéal pour découvrir et approfondir les Variations Corelli ou encore la Première Sonate accompagné.


Puce Philosophie et musique

La philosophie s'est en général davantage intéressée à l'art pictural ou littéraire plutôt qu'à la musique. Pourtant, on trouve déjà chez Platon des références aux qualités de l'univers sonore. C'est, d'une part, avec la naissance des grands orchestres et des formes musicales classiques et, d'autre part, avec la naissance de l'esthétique, que se concrétisent les premiers et importants discours sur la musique. Rousseau, Schopenhauer, Nietzsche ou encore Adorno lui consacrent de magnifiques pages, voire y établissent (chez certains) un ou les fondements de leur philosophie.
Nous conseillons ici trois ouvrages contemporains très éclairants qui ont le mérite de penser avec passion et érudition la musique :

- L’important livre de Vladimir Jankélévitch, La Musique et L'ineffable (Editions du Seuil, 1983), peut-être le plus beau de tous (on pourra également consulter son livre d'entretiens Quelque part dans l'inachevé, Gallimard, 1987) :

Il y a dans la musique une double complication, génératrice de problèmes métaphysiques et de problèmes moraux, et bien faite pour entretenir notre perplexité. Car la musique est à la fois expressive et inexpressive, sérieuse et frivole, profonde et superficielle ; elle a un sens et n'a pas de sens.

- L’excellente étude que Clément Rosset mène dans L’objet singulier (Les éditions de minuit, 1979, page 59 à 91) sur la musique (l’auteur est par ailleurs spécialiste de Schopenhauer, auquel il a consacré un ouvrage d’esthétique qui revient avec précision et critique sur le rapport du philosophe allemand avec la musique ; on pourra également consulter, dans La force majeure, sa très belle analyse de la musique chez Nietzsche) :

Ce qui caractérise la musique, par rapport aux autres arts, c’est le prodige d’une existence issue de rien et ne s’inspirant d’aucun modèle. Ce qu’il y a de prodigieux c’est d’abord et simplement qu’elle existe.

- Enfin, tout aussi riche et plaisant que les ouvrages précédents, mais sans doute plus abordable, le très beau livre de Michel Ribon, Le gouffre et l'enchantement, Magies de la musique (Buchet Chastel, 2006), pour qui les dimensions essentielles de la musique s’articulent toujours et de diverses manières :

dans la montée irrésistible du bas vers le haut, des gouffres vers les sommets, de l'ombre à la lumière, de la crainte de la mort à son effacement, dans le rythme affirmateur d'une vie soudain illuminée par des parcelles d'éternité dans un temps recréé par elle.