![]()
Menu
|
"La
seule condition requise pour recevoir le message de
Rachmaninoff est la sincérité; la sincérité et l'absence
de tout pédantisme; la sincérité et le consentement à
l'ivresse qui nous emporte. Rachmaninoff était le
dernier des grands poètes russes du piano, le dernier
des musiciens inspirés - car en ce temps-là le mot inspiration
avait un sens." -------Qui a sondé les continents musicaux de Serge Rachmaninov (ou Sergueï Rachmaninoff) découvre une expérience de lexistence sur le mode mineur. On connaît, bien sûr, la figure du compositeur sentimental et lyrique, le pianiste de lunique - et cependant magnifique - Second Concerto ou encore du célèbre Prélude en ut dièse mineur, ténébreux et romantique. On aimerait ici essayer autre chose également, sans pour autant éclipser le moindre paysage de cet univers musical, et donc la moindre de ses contradictions (comme par exemple celle de composer une musique tourmentée et passionnelle, et de jouer sans lyrisme théâtral, d'être un pianiste apollinien, impassible, souverain). Quelque chose de plus profond et de plus poétique peut-être, comme le compositeur réservé et intime de la Sonate pour violoncelle, le pianiste secret des Etudes-Tableaux, véritables petits poèmes en prose, des douloureuses Sonates, le musicien allègre des deux Suites pour deux pianos, ou le peintre russe des Cloches de l'existence humaine. Nous avons pourtant parlé de continents, comme s'il sagissait dune musique conçue dun bout à lautre comme un système, et cest encore se méprendre sur lui : cest sur le modèle de larchipel que se conçoivent ses uvres, compositions fragiles et éparses que le musicien, authentique et pudique, achève parfois avec difficulté et remanie souvent. Car Rachmaninov na jamais considéré la musique quil écrivait comme de simples pièces de concerts, et s'il était un formidable pianiste, il n'a jamais laissé sa virtuosité supplanter l'honnêteté musicale. La musique est pour lui un « problème » ( et même quelque chose de « fatiguant » pour lesprit, qui se doit dêtre « réceptif » et attentif). Elle nest rien si elle ne remet pas en cause une partie de vous-même, si elle ne provoque pas en vous comme une expérience existentielle, poétique ou festive. On nécoute pas son Ile des morts comme on écoute une Danse Macabre, tranquillement installé dans son fauteuil ou valsant sans danger avec des squelettes, mais comme recevant un véritable attentat chez soi... De même, Rachmaninov ne composait que ce qui « chantait » en lui, véritable secrétaire de son être, comme laurait dit Cioran, auteur dune musique à laune de son cur, de sa vie et de sa personnalité. Nous navons pas à nous mêler de lhistoire de la musique, mais à essayer de peindre, en respect des données biographiques et musicales que nous possédons, limage que nous pensons la plus juste du compositeur : un artiste sincère et discret auteur dune uvre tourmentée, émotionnelle et humaine. Nous vous invitons donc à un voyage musical sur ce site (qui est, nous le précisons, un site personnel et amateur), accompagné de renseignements et dinformations sur le compositeur et sa musique, afin de la comprendre, ainsi que nos hypothèses découte, afin de la vivre. Nous chercherons,
au fil de ces pages, à mettre en lumière
lesthétique de Rachmaninov. Or, sil existe
un artiste dont, à nos yeux, lunivers pictural se
rapproche le plus de lunivers musical du
compositeur, il sagit bien dIsaac Levitan,
qui illustre ainsi nombre darticles de notre site,
dont celui-ci (la toile sintitule Les Cloches
du soir passez votre souris dessus pour
afficher la légende). Pour découvrir ce peintre et ses
liens avec Rachmaninov, nous renvoyons à notre
rubrique consacrée à
lesthétique du compositeur.
|